Romeo & Juliet, Matthew Bourne

La meilleure adaptation de Roméo et Juliette depuis West Side Story? Je pense que oui.

Ici, pas familles ennemies mais plutôt un conflit entre la jeunesse et la société binaire, le système sourd qui veut tout enfermer dans des cases.

Vérone est un institut pour les jeunes avec « des problèmes de santé mentale » où les filles et les garçons sont séparés.

Malgré tout, Roméo rencontre bien Juliette et la tragédie reste inévitable à cause du passé traumatique de Juliette, poison contemporain choisi.

On retrouve sur scène des clins d’oeils à d’autres versions, avec autant de pas de deux et aux mêmes moments dans l’histoire que dans les ballets classiques. La disposition des portes sur la scène et les nomreux portés à l’épaule me font penser à version de Kenneth MacMillan. Le décor avec ses grillages, le projecteur de police, et la mise en scène de la recontre entre Roméo et Juliette me rappelle le film West Side Story de 1961.

On est vraiment pas loin du théâtre, avec des interprètes très expressifs qui ont tous un jeu d’acteur excellent.

La chorégraphie est rapide et acrobatique, elle utilise toute la scène (même les murs). Elle montre bien la différence entre ce qui est imposé aux jeunes (mouvement rigides et robotiques qui m’ont fait pensé à certains passages de Canine jaunâtre 3 de Marlene Monteiro Freitas) et la liberté qu’ils réussissent à explorer (fluidité, envols).

J’ai enfin pu voir une pièce de Matthew Bourne, sur ma liste depuis l’extrait de son Lac des cygnes dans Billy Elliot!


Romeo & Juliet, New Adventures, Théâtre du Châtelet.

Direction artistique et chorégraphie, Matthew Bourne.

Création 2019.

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